La deuxième vie des objets | Un enjeu environnemental et sociétal

La deuxième vie des objets | Un enjeu environnemental et sociétal

Vers une consommation éco-responsable

L’accélération de la pollution 

L’innovation et l’émergence de nouvelles technologies ont accru le processus de surconsommation. Les industriels proposent des appareils toujours plus performants, promettant un bénéfice énergétique alléchant. Leur obsolescence programmée accélère considérablement la production des déchets, quel que soit le secteur d’activité. Nous générons annuellement plus de 500kg de déchets par personne ! Or, ces derniers impactent notre environnement. Que faire de tous ces vieux objets, sans cesse plus vite renouvelés ? Peut-on offrir une seconde vie à nos déchets ? Face à la pollution des océans et à la multiplication des facteurs d’émission de CO2, la collecte et la gestion des déchets devient un véritable enjeu pour l’avenir. Leur transport émet une quantité importante de gaz à effet de serre. Leur traitement par combustion pollue l’air que l’on respire. En s’alignant sur les exigences européennes, la France a pris l’engagement de recycler 50% de ses déchets ménagers. Il est vital d’en limiter la production et d’arriver à les valoriser. D’autant que l’exploitation intense des matières premières conduit à l’épuisement des ressources de notre planète.

Une fracture environnementale et sociale

Le triste constat saute aux yeux : nous générons beaucoup trop d’encombrants chaque jour. La surconsommation atteint son paroxysme et nous sommes face à une réelle difficulté de traitements de nos déchets. Les dépôts sauvages sur les trottoirs se multiplient et deviennent un enjeu de taille pour les municipalités. Chaque année, des millions d’objets, de produits électriques et électroniques sont incinérés ou enterrés. Un désastre écologique ! Parallèlement, le renouvellement constant des biens de consommation engendre une fracture toujours plus importante dans les couches de la population. Certains jettent des meubles en kit ou des appareils électroménagers en état de fonctionnement, là où d’autres ne parviennent pas à s’équiper. Dans cette culture du jetable, la frustration est grande !

Le recyclage et la valorisation des déchets

Peu à peu, la société prend conscience qu’elle doit changer ses habitudes. Une consommation raisonnée ainsi qu’une bonne gestion des déchets permettent en effet de préserver les ressources naturelles, tout en  limitant les exploitations polluantes. Le recyclage génère par ailleurs une richesse économique non-négligeable. Il permet également de désencombrer les logements, les placards et les garages. Un argument intéressant à l’heure où les prix du m2 de l’immobilier s’envolent ! Exit le lit bébé qui prend la poussière dans le grenier, il fera le bonheur de jeunes parents tout en offrant un revenu complémentaire. Pourquoi acheter un produit neuf quand on peut le racheter en excellent état, à son voisin ? Meubles, produits électroménagers ou vêtements, les objets de seconde main ont désormais la côte. En une seule opération, on gagne de la place, on résout la question de devenir d’un déchet et on réalise, en somme, une bonne affaire. C’est une alternative économique qui bénéficie à tous, notamment aux étudiants et aux jeunes ménages. Ainsi, émergent des solutions innovantes pour valoriser les déchets et les objets inutilisés. Réparation, vente ou location entre particuliers, c’est le boum de l’économie circulaire.

Émergence d’une économie circulaire autour du recyclage

La vente de biens d’occasions, un nouveau mode de consommation

Collectionneur, passionné de vintage ou féru de bonnes affaires, le marché du bien de seconde main s’adresse à tout le monde. Les plateformes de vente sont nombreuses. Elles offrent une nouvelle forme de brocante, mêlant le mobilier moderne ou ancien aux vêtements et aux jouets d’occasion. Si LeBonCoin met en relation vendeurs et acheteurs, d’autres sites comme Vinted assurent la mise en ligne et le processus complet de vente. Les réseaux sociaux regorgent également de groupes de vente ou d’échanges de proximité. Une véritable structure économique s’est mise en place sur le marché de l’occasion entre particuliers. Pour ceux qui ne souhaitent pas vendre, il est aussi possible de déposer ses objets inutilisés auprès d’associations telles que le Secours populaire ou Emmaüs. Précurseurs de l’économie solidaire, ces associations fondent leur action sur la récupération et l’aide aux plus démunis. Ce qui ne sert plus chez les uns devient un élément créateur de richesse pour les autres. Cela permet aux plus modestes de s’équiper à prix réduit. Ce faisant, ces organismes sont devenus des acteurs du développement durable, tout en limitant notre impact sur l’environnement. Ils sont par ailleurs créateurs de lien social, d’emplois et d’insertion professionnelle.

La réparation, une alternative collaborative

Depuis plusieurs décennies, le dépannage est loin d’être une évidence, car il a la réputation d’être trop long et coûteux. Difficile dans ces conditions de résister aux offres toujours plus alléchantes de la grande distribution. Pourtant, la réparation ne coûte pas nécessairement plus cher qu’un objet neuf. Il existe par exemple des structures associatives dédiées à la réparation, pour un budget très modéré. On voit notamment fleurir des Repair cafés réunissant novices et experts de la réparation. Vélo, appareil photo ou électroménager, chacun peut ainsi trouver une occasion de sauver son objet plutôt que de mettre au rebut. Des plateformes de mise en relation, comme Frizbiz.com, permettent également d’entrer en contact avec des réparateurs. Essentiellement basé sur une économie collaborative de proximité, ce concept connaît un vif succès dans les zones urbaines. Ce qui favorise une prise en charge rapide et locale pour limiter les frais de déplacement. Le dépannage entre voisins, c’est possible !

La location ou le prêt, une solution éco-responsable

Nos placards débordent d’équipements inutilisés. Pourquoi ne pas faire profiter son voisin d’une tondeuse à gazon ou d’un appareil à fondue utilisé une fois par an ? En louant ou prêtant nos objets, nous adoptons une attitude éco-responsable qui produit un effet direct sur la diminution des déchets. Certaines plateformes web sont dédiées à la location de proximité. Ainsi, Kiwiiz.fr ou Zilok.com permettent par exemple de profiter d’un réseau d’entraide entre particuliers pour louer de l’outillage ou de l’équipement dont le besoin est ponctuel. Pour une utilisation occasionnelle, le prêt est aussi une façon d’exploiter à bon escient ce qui encombre nos tiroirs. Les réseaux sociaux ont d’ailleurs vu naître de nombreux groupes d’entraide entre particuliers. Ces initiatives permettent de lutter activement pour la préservation de l’environnement.

Les Ressourceries, une filière d’avenir

Donner une seconde vie aux objets

De nouvelles filières de valorisation des déchets ont fait leur apparition au début des années 2000. On compte aujourd’hui environ 150 Ressourceries en France qui adhèrent à une charte de réseau national. Elles gèrent sur un territoire donné la collecte, le recyclage et la revente d’objets initialement destinés au rebut. Cette filière a un impact réel sur la limitation du traitement de nos déchets. Elle organise ainsi la récupération du mobilier et autres détritus selon une méthode qui préserve leur état, en vue de les valoriser prioritairement par une réutilisation. Une fois triés, les objets retrouvent une seconde vie dans les ateliers des Ressourceries. Les meubles peuvent par exemple être réparés ou relookés pour une nouvelle utilisation. En 2019, le réseau national des Ressourceries a d’ailleurs organisé un concours de design mobilier à partir de matériaux de réemploi. De même, les gros appareils électroménagers, remis en état, font le bonheur des ménages les plus modestes. Une alternative intéressante, tant pour les populations fragiles que pour l’environnement.

Agir pour l’environnement 

Chaque Ressourcerie valorise en moyenne 10.000 tonnes de déchets encombrants par an, soit au moyen du recyclage, soit au moyen du réemploi. Ce sont autant de traitements et de pollution évités. Elle dégage par ailleurs plus de 1.500€ par tonne de produits réutilisée ou réemployée. Le réseau s’appuie sur un principe de traçabilité, en déclarant trimestriellement le tonnage des collectes effectuées auprès des ménages et des professionnels. Elle recycle principalement le textile et l’ameublement, mais également les déchets électriques et électroniques, les livres et jeux. Grâce à sa démarche de recyclage, la Ressourcerie permet de valoriser le réemploi des objets plutôt que leur destruction. Elle contribue ainsi à une réduction notable des déchets. Chaque unité territoriale travaille sur un circuit court offrant un service de proximité à sa population, avec une faible empreinte carbone.

Participer à l’économie circulaire, sociale et solidaire

Par leur action, les Ressourceries tendent à changer le regard que nous portons sur les déchets. Ils constituent désormais une ressource à part entière dans une économie circulaire qui agit sur le tissu social et l’éducation de la population. Elles répondent ainsi aux besoins du territoire tant en matière de protection de l’environnement que d’insertion professionnelle. Si elles ne cherchent pas le profit, elles n’en sont pas moins de véritables acteurs économiques. Ainsi, chaque Ressourcerie agit pour le développement local, la création d’emplois durables et de partenariats avec les entreprises environnantes. En proposant un service au plus près de la population locale, elle crée à la fois du lien social avec les personnes en difficulté et une activité économique innovante. Par ailleurs, elle tend à sensibiliser et éduquer la population au développement durable et à l’acquisition de comportements respectueux de l’environnement. C’est un véritable outil de l’écologie, surtout en zone urbaine.

En proposant un service de ramassage des encombrants, la Ressourcerie contribue à :

  • Améliorer la qualité de vie sur son territoire;
  • Encourager les comportements éco-citoyens;
  • Répondre aux objectifs des politiques publiques concernant la prévention des déchets.